Où, sous des cieux déjà brûlants avant même le début du printemps et striés de traînées de missiles; et tandis que résonnent déjà les bruits de bottes, on tente - en marge du vacarme des médias des oligarques milliardaires - de continuer à cultiver son petit jardin.
Où, alors que l'hiver n'a pas encore commencé, on alterne déjà entre bronchite, bronchiolite et grippe parce qu'un enfant à la crèche c'est avant tout une boîte de Pétri sur pattes qui vient vous tousser dans la bouche.
Où l'on donne des informations importantes sur le week-end à venir.
Où l'on espère financer un nouveau projet, dès que les gens auront réalisé que le titre ne contient pas de contrepèterie.
Où les jours raccourcissent, et les soirées lumineuses font place aux crépuscules paresseux, où quelques dernières flaques d’orangé et de mauve stagnent parfois entre les nuages à l’horizon, Comme prisonnières dans les rochers célestes de cette marée en reflux.
Où l'on prévient des retardataires que la fenêtre se referme !
Quand depuis un mois le soleil et la pluie de juin tapent au carreaux comme un chat météorologique indécis et qu'on se demande quand ressortir le basilic sur le balcon.
Où le monde devient imperceptiblement un peu plus roux et le sommeil sensiblement moins doux
Où l'on résiste à la déprime de l'hiver grâce à des murailles de couettes et le ronron des chats sur nos genoux.
Où, passée la gueule de bois du réveillon, on se prend à penser que ce jour plein d'aspirine marque pourquoi pas un nouveau départ.
Où l'on doit penser aux vacances, aux factures, aux cadeaux, au travail, au temps qui passe et à la vie qui s'éffiloche.
Où en panique au milieu d'un déménagement, on jongle avec le travail, la paperasse et les travaux tel un clown avec six tronçonneuses enflammées qui tournoient dans les airs.
Où telle une feuille d'arbre en Octobre, on voudrait se vautrer par terre et dormir un peu.